Thèse - Co-existence des initiatives de relocalisation de l’alimentation et construction de la résilience alimentaire territoriale. Le cas des initiatives de structuration de l’offre maraichère dans les Métropoles de Clermont-Ferrand et Lyon

Recruteur

UMR Territoires - VetAgro Sup Clermont

Adresse

Job Location

Région

Auvergne-Rhône-Alpes

Type de contrat

Thèse

Date de publication

Fin de recrutement

Description de l'offre

La ou le doctorant.e conduira ses travaux de recherche dans le cadre du projet ReSysTerr (Résilience des systèmes alimentaires territoriaux), financé par la Région Auvergne-Rhône-Alpes (appel à projets Pack Ambition Recherche 2021). Ce projet s’inscrit dans un contexte où les dérives et externalités négatives du modèle agroindustriel ont conduit à un fort développement des initiatives visant à relocaliser l’alimentation dans les territoires pour une transition des systèmes alimentaires vers des modèles alternatifs plus durables et résilients. Ces démarches sont très diverses tant en termes d’acteurs, de modèles économiques et de modes d’organisation que d’environnements socio-économiques et politiques. Dans ce contexte, le « potentiel transformateur » et la capacité des initiatives à soutenir le développement de véritables systèmes alimentaires territorialisés plus durables et résilients sont questionnés.
Le changement d’échelle (« massification » ou scaling up) des initiatives porteuses d’un modèle alternatif et leur capacité de porter une transition systémique ainsi que leur capacité « intégratrice » sont débattues. Ces débats interrogent en particulier sur les phénomènes de confrontation et de coexistence des modèles agricoles et alimentaires ("alternatifs" vs "conventionnel"). En effet, il existe différentes formes de co-existence sur les territoires mais l’analyse de l’impact de ces différentes formes sur les dynamiques de transition des systèmes alimentaires vers des modèles plus durables et résilients reste à faire. Le foisonnement des initiatives soulève également la question de leur capacité à coexister de façon « positive » pour construire des systèmes alimentaires territoriaux résilients. C’est alors la façon dont les acteurs des publics peuvent intervenir dans la construction d’une gouvernance alimentaire territoriale permettant la coordination des acteurs de l’alimentation pour limiter l’atomisation des initiatives et les mettre en cohérence pour construire des systèmes alimentaires résilients qui est aussi interrogée.
Parallèlement à cette problématique de la coexistence, la notion de résilience est de plus en plus présente et devient un objectif central des politiques et des initiatives en faveur de la transition des systèmes alimentaires. Néanmoins, malgré l’abondante littérature et la multiplicité des initiatives qui s’en réclament, cette notion reste encore peu opérationnelle pour les acteurs des territoires.

Dans ce cadre, l’objectif de la thèse est double. D’une part, il vise à analyser quelles sont les formes de co-existence qui peuvent s’établir, à l’échelle d’un territoire, entre des initiatives portées par des acteurs très divers mais qui visent toutes à relocaliser l’offre alimentaire. D’autre part, il a pour objectif de comprendre comment, et sous quelles conditions de gouvernance territoriale, la co-existence d’une diversité d’initiatives peut participer à une « résilience alimentaire territoriale ».
La recherche sera conduite à deux échelles : (i) à l’échelle de collectifs d’acteurs, elle caractérisera les initiatives par les acteurs porteurs et impliqués, les objectifs poursuivis et les dispositifs de gouvernance propres à ces collectifs ; (ii) à l’échelle des territoires, la recherche analysera les formes de co-existence de ces initiatives (concurrence, coopération, co-évolution, …), les modalités de la gouvernance et les effets sur la construction d’une résilience alimentaire territoriale. Cette approche multi-scalaire permettra de formuler des pistes de réflexion et des recommandations pour la construction d’une gouvernance alimentaire territoriale visant la résilience des systèmes alimentaires territoriaux à travers l’organisation de la coexistence des différentes initiatives.
Pour atteindre ces objectifs scientifiques, le projet se centrera sur le cas des productions maraîchères. Les territoires d’étude seront les aires métropolitaines de Clermont-Ferrand et de Lyon dans lesquelles l’amélioration de l’auto-approvisionnement en légumes constitue un objectif fort des stratégies alimentaires territoriales.
Le Grand Clermont, la Métropole de Lyon, l’ISARA, la Chambre régionale d’agriculture AURA, CAP Rural et CERESCO sont partenaires de ce projet. Le projet s’intègre également dans les travaux conduits dans le RMT Alimentation locale.

La thèse sera co-dirigée par Virginie BARITAUX, Maîtresse de conférences en économie agroalimentaire (VetAgro Sup, UMR Territoires) et Salma LOUDIYI (HDR), Professeure de géographie (VetAgro Sup, UMR Territoires). La ou le doctorant.e sera basé.e sur le campus agronomique de VetAgro Sup à Clermont-Ferrand.
Date limite de candidature : 24 juin 2022

Profil recherché

- Titulaire d'un diplôme de niveau Master 2 en géographie économique ou éventuellement disciplines voisines avec une capacité attestée à envisager les problématiques territoriales (ex. diplôme d’ingénieur agronome).
- Maîtrise et appétence pour les techniques de recherche et de synthèse bibliographique
- Bonnes aptitudes rédactionnelles (en français et éventuellement en anglais)
- Connaissance des techniques d’enquête et de traitement des données qualitatives
- Expérience des problématiques associées à la territorialisation des systèmes alimentaires
- Savoir faire preuve d’une grande autonomie et d’excellentes capacités relationnelles aussi bien pour la réalisation du travail de terrain que pour l’insertion dans une équipe pluridisciplinaire
- Maîtrise de l’anglais (lu, écrit, parlé).
- Permis B