Dans cette partie nous détaillons certaines recommandations que notre collectif souhaite mettre en avant. Elles visent dans l’ensemble à transformer notre système alimentaire afin d’en réduire la vulnérabilité face aux incertitudes du contexte actuel. Elles s’adressent principalement à l’Etat et aux collectivités mais aussi aux citoyens et citoyennes engagé·e·s.



Mise en perspective scientifique

au regard de l’actualité


Le travail mené dans le cadre de l'enquête "Manger au temps du coronavirus" a été valorisé à travers une publication scientifique intitulée : "Les systèmes alimentaires de proximité à l’épreuve de la Covid-19 - Retours d’expérience en France" publiée dans la revue scientifique Systèmes alimentaires / Food Systems 2020, n° 5. varia.


Cet article présente l’analyse qualitative et lexicométrique de 540 réponses à notre enquête en ligne ouverte le 15 mars 2020, invitant à des retours d’expériences dans le domaine alimentaire durant le confinement lié à la crise de la Covid-19. Le matériau recueilli porte surtout sur les systèmes alimentaires de proximité. Analysé selon trois approches (perspective multi-niveau, innovation sociale, gouvernance territoriale), il témoigne des adaptations et innovations dans ces systèmes.


Auteurs : Darrot (Catherine), Chiffoleau (Yuna), Bodiguel (Luc), Akermann (Grégori), Maréchal (Gilles)


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Des orientations au prisme de

la résilience alimentaire


Dégager des enseignements de la crise et pérenniser

les initiatives qui en sont nées.


Les collectivités peuvent organiser des conférences et rencontres dans leur territoire pour faire le bilan des problèmes rencontrés au cours de la période et des réponses apportées. De multiples formats d'échange sont initiés sur les territoires à différentes échelles par différents types d’acteurs, souvent sous forme de webinaires comme le forum alimentation et territoire.


Les contributions à l’observatoire participatif open source/open access de l’Alimentation locale (bientôt hébergé sur le site du RMT Alimentation locale) permettront de mettre en évidence les structures de transformation ou de distribution contribuant à la reterritorialisation de l’alimentation.


L’objectif de ce bilan est de pouvoir accompagner les groupements informels créés pendant la crise, ainsi que les nouveaux venus dans l’agriculture et l’alimentation de proximité. Les collectivités peuvent faciliter l'interconnaissance et optimiser la logistique des circuits courts pour “monter en volumes” sans que cela ne se fasse au détriment des rapports humains ou par la mise en place de nouveaux intermédiaires captant la valeur ajoutée. Une multiplicité de plateformes numériques sont apparues pendant le confinement à différentes échelles et les collectivités pourraient animer un processus engageant l'interopérabilité des différents outils pour faciliter leur actualisation et leur pérennité.


La dimension sociale de la restauration collective a été mise au jour par le confinement. Des initiatives sont nées pour initier la modularité et la diversité des approvisionnements (repas pour l’aide alimentaire, pour les personnes vulnérables…). L’organisation de la restauration collective et la conception de ses équipements doivent être pensées pour s’adapter aux périodes de rupture comme celle du premier confinement.

Relocaliser certaines activités et productions pour renforcer

la résilience du système alimentaire


Pouvoir subvenir aux besoins alimentaires de base de la population avec les ressources locales ou grâce à des liens de coopération solides avec les territoires voisins est un gage de résilience important. Plusieurs mesures peuvent aider à aller en ce sens.


La préservation des terres agricoles en périphérie des villes est l’une des priorités et doit devenir un critère déterminant des plans d’urbanisme. Ces terres sont particulièrement indiquées pour installer des fermes maraîchères en circuits courts et rééquilibrer le déficit de nombreuses villes et territoires en fruits et légumes locaux. Des dispositifs de préservation de terre agricole sont expérimentés avec la réglementation actuelle (information transaction vigifoncier, portage foncier, préservation terre agricole…) et les élus, notamment communaux, peuvent mobiliser des processus d’apprentissage (formation, journée d’échange…) pour mieux appréhender ce sujet. Des outils de simulation en libre accès sont par ailleurs disponibles (PARCEL, CRATER, …)..


Les collectivités peuvent mettre en place des plans de résilience alimentaire à différentes échelles (intercommunalités, départements, régions). Ces dispositifs pourraient être rendus obligatoires à l’image des Plans Climat Air Energie Territoriaux et dotés de moyens ad hoc pour leur réalisation. Les communes, dont le rôle est sorti renforcé par la crise sanitaire, pourraient être les chevilles ouvrières avec un volet risque alimentaire intégré au plan communal de sauvegarde (PCS) (commune de Dompierre sur Yon, Vendée). Ces plans viendraient se substituer ou s’ajouter aux actuels Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) et chercheraient à rendre les politiques alimentaires plus opérationnelles, ascendantes et démocratiques. Le volet agricole du Plan de Relance prévoit un soutien d’investissement qu’il serait intéressant de conditionner à l’amélioration de la résilience alimentaire par exemple en augmentant la capacité de stockage ou en facilitant l’installation d’unités de transformation de denrées locales (moulins, pressoirs, conserveries, etc.).


Un des objectifs est de relocaliser ce qui est possible (y compris l’alimentation des animaux d’élevage) en installant des agriculteurs, en diversifiant les productions des fermes, en rééquipant les territoires en outils de transformation. Pour les territoires trop denses ou pour les productions peu adaptées au terroir, des circuits d’approvisionnement auprès des territoire