La synthèse des observations recueillies depuis le 15 mars fait apparaître un certain nombre de pratiques de solidarité autour de l’alimentation. Ces solidarités sont parfois le fruit d’un type d’acteur en particulier (institutions, entreprises, citoyens), parfois issues d’une collaboration entre des acteurs différents.


Organisation collective de livraison de repas ou produits alimentaires


Solidarité institutionnelle

De nombreux témoignages mettent en avant la commune comme un espace clé dans l’organisation des solidarités alimentaires. C’est le cas à Charleville-Mézières (Observation, 17 mars 2020), où le Centre Communal d’Action Sociale propose « un service de portage de repas à domicile à tous les Carolomacérien.ne.s de plus de 60 ans qui se trouvent dans l'impossibilité d'aller faire leurs courses ou d'obtenir l'aide d'un proche. (...) Les tarifs fluctuent en fonction des ressources de la personne mais ne peuvent dépasser 8 € par repas. Les intéressé.e.s doivent s'inscrire par téléphone. » Il semble que, parfois, la commune contacte directement les personnes âgées pour leur proposer de l’aide (Observation, Puget Thénier, 18 mars 2020).

Voir aussi indirectement le rôle des Universités dans rubrique « solidarité de groupe ».


Solidarités de voisinage et d’interconnaissance

« Travaillant dans un magasin à la ferme, je remarque que de nombreuses personnes font les courses pour d'autres... jusqu'à 3 foyers pour certains clients » (Observation, Ille-et-Vilaine, 23 mars 2020).


Solidarité familiale

Face aux risques ou à l’impossibilité de se déplacer, le recours aux outils numériques devient parfois une obligation. Les enfants viennent soutenir leurs parents, parfois moins à l’aise avec l’informatique, pour créer des comptes permettant d’accéder aux drives ou commandes à distance (Observation, La Queue-en-Brie, 20 mars 2020).


Solidarité « de groupe »

Certains collectifs centrés sur un secteur particulier ou sur une catégorie particulière de personnes ont pu développer un soutien. Tel est le cas du collectif Galois à Lille (étudiants, enseignants…) qui «recense les besoins d'aide, pour les étudiant·e·s de l'Université de Lille ». Son ’objectif est « de communiquer très rapidement les informations à l'Université de Lille qui prépare avec le CROUS une aide financière d'urgence pour ses étudiants en difficulté dont les étudiant·es exilé·es » et le collectif cherche à « trouver d'autres solutions de distribution de colis alimentaire » (Observation page facebook, Lille, 20 mars 2020).


La solidarité « en magasin »


Priorité d’accès aux magasins

Les « anciens » et les soignants peuvent bénéficier de priorités organisées par les distributeurs, producteurs ou non : à l’Ile d’Yeu, entrée réservée aux personnes âgées de 9 à 10h (Particulier, observation dans un supermarché, 19 mars 2020) ; à Montpellier, commande par téléphone et possibilité de récupérer le panier en horaires décalés ou d'être livré pour les personnes à risques et les soignants (Observation page facebook d’un maraîcher, 19 mars 2020).


Plafonnement des achats

Certains magasins limitent les quantités pouvant être acquises (Observation page facebook d’un maraîcher, Montpellier, 19 mars 2020).


Croisement « magasin » / bénévolat

Certains producteurs, en manque de main d’œuvre, peuvent s’appuyer sur du bénévolat, notamment pour la livraison des « paniers » ou commandes : à l’Ile d’Yeu, “uniquement à destination des personnes isolées, sans famille, à mobilité réduite ou trop fragiles pour utiliser leur attestation de sortie” (Ile d'Yeu, Observation Facebook des producteurs locaux de l'île, 20 mars 2020).


Accepter la solidarité ?

Accepter la « main tendue » n’est peut-être pas aussi évident qu’on pourrait le penser, notamment pour les personnes âgées déjà aidées par leur famille avant la crise et qui voient disparaître les visites et les échanges (même lorsque la Mairie propose son aide ; Observation, Puget Thénier, 18 mars 2020).


Eclairage presse :

L’express. 20 mars 2020. Courses, garde d’enfants… Face au coronavirus, un tsunami de solidarité entre voisins.

La Montagne. 20 mars 2020. Avec le coronavirus, le difficile maintien de l’aide alimentaire à Thiers et Ambert (Puy-de-Dôme).

France Bleu. 20 mars 2020. Coronavirus à Bordeaux : une cagnotte pour venir en aide aux étudiants en grande précarité.



Pour proposer de nouvelles observations : https://framaforms.org/appel-a-retour-dexperience-manger-au-temps-du-coronavirus-1584194374 Edito et présentation | Article suivant : 6. De nouvelles relations entre acteurs autour de l’alimentation

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Bulletin de Partage 1 - Des solidarités stimulées par la crise

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